Pourquoi on parle de plus en plus d’anxiété sociale ?

Tu redoutes les apéros où tu ne connais personne.
Tu te demandes ce que les gens vont penser de toi avant même que tu ouvres la bouche.
Et quand tu dois faire un appel pro, ton cœur tape comme si tu allais passer un oral du bac.

Alors, tu te dis que tu es juste timide.
Mais si c’était plus profond que ça ? Si ce malaise n’était pas qu’un « simple » petit trait de caractère, mais un vrai poids du quotidien ?


Timidité ou anxiété sociale ?

La question mérite d’être posée finalement. Est-ce que ce ne serait pas simplement de la timidité cette histoire ?

C’est quoi la différence entre timidité et anxiété sociale ?

Être timide, c’est :

  • Avoir un peu de mal à aller vers les autres,
  • Se sentir mal à l’aise au début, mais s’adapter petit à petit,
  • Avoir besoin d’un temps d’adaptation.

L’anxiété sociale, c’est :

  • Anticiper le pire dans chaque interaction,
  • Ruminer pendant des heures après avoir dit une phrase banale,
  • Éviter des événements même sympas parce que c’est trop épuisant,
  • Vivre en alerte constante dans un groupe, même familier.

Ce n’est pas une nuance, c’est carrément un autre vécu.

Attention par contre. L’idée ici n’est pas de te faire un diagnostic en 10 secondes, mais bien de te donner la puce à l’oreille si jamais ce que tu ressens penche dans le « trop ».

Ce que l’anxiété sociale n’est pas

L’anxiété sociale, ce n’est pas :

  • Être fragile ou faible,
  • Être asocial·e,
  • Être arrogant·e ou froid·e,
  • Manquer d’intelligence émotionnelle,
  • Être inadapté·e.

C’est une réaction de protection, un mécanisme de survie, un trop-plein émotionnel.
Ton système nerveux qui fait de son mieux… un peu trop fort.

Ce que l’anxiété sociale peut vraiment te faire vivre

  • Analyser chaque micro-expression de ton interlocuteur,
  • Répéter 3 fois une phrase dans ta tête avant de la dire,
  • Rire trop fort ou trop peu, par peur de « mal faire »,
  • Te dire que tu es « nul·le en société »,
  • T’auto-saboter pour éviter de « déranger ».

Et puis, parfois… tu renonces.
Tu restes chez toi.
Tu dis que tu es fatigué·e.
Mais en vrai, tu as peur.

Est-ce un ressenti légitime ?

Oui, ce que tu ressens est légitime et non, tu n’es pas « bizarre » de vivre ça.

Non, tu n’inventes pas. Et non, tu n’es pas seul·e.

Beaucoup de trentenaires se découvrent une anxiété sociale qu’ils n’avaient pas identifiée avant. Peut-être parce qu’on a appris à « tenir bon », à « faire bonne figure ».
Et un jour, le vernis craque dans un contexte un peu inédit par rapport à la génération de nos parents.
Et le monde te semble alors trop bruyant, trop regardant, trop oppressant.


Pourquoi on en parle autant maintenant ?

Je ne dis pas qu’aucune génération avant et après nous n’a connu l’anxiété sociale qui nous est brutalement arrivée sur la figure à nous, trentenaires fraîchement sortis de la vingtaine (ou pas). Alors, pourquoi on en parle davantage aujourd’hui particulièrement ?

Peut-être parce qu’on s’y intéresse individuellement pour commencer. Mais aussi peut-être parce que :

  • La pandémie a accentué notre isolement → le retour à la vie sociale a été violent pour certains.
  • Les réseaux sociaux ont renforcé la peur du jugement.
  • La société valorise l’extraversion, les gens « à l’aise », « fun », « charismatiques ».
  • On commence (enfin) à mettre des mots sur des souffrances invisibles.

Avant, on disait « trop sensible » ou « réservé ».
Aujourd’hui, on comprend que c’est un vrai mal-être, pas un petit trait de caractère sans conséquence.


Anxiété sociale : alors, on fait quoi avec ça ?

Déjà, on déculpabilise. Ensuite, on observe :

  • Quels sont les contextes qui déclenchent le plus d’angoisses ?
  • Quelles pensées automatiques surgissent ?
  • Est-ce que tu t’épuises à « tenir » une façade sociale ?

Et on s’autorise :

  • à dire non sans se justifier,
  • à préférer un café à deux plutôt qu’un afterwork de 40 personnes,
  • à ne pas tout affronter tout le temps,
  • à demander de l’aide (thérapie, coaching, etc.).

Si tu veux travailler sur ton anxiété sociale de ton côté, tu peux essayer de te forcer sur quelques points :

  • Arrête de ruminer sur tes interactions sociales (ahhhh le liking gap a la vie dure pour les personnes anxieuses).
  • Concentre-toi sur les autres plutôt que sur toi : essaie de te « délocaliser » de tes propres sensations et garde un contact visuel avec ton interlocuteur pour déceler les sourires, les regards de compréhension et d’approbation.
  • Arrête la stratégie de l’évitement : on n’a pas toutes et tous l’énergie de se confronter à la source de nos problèmes. Mais, un jour où tu te sens bien avec une belle jauge d’énergie, te confronter à une situation redoutée peut te faire beaucoup de bien pour l’image que tu as de toi. Commence progressivement, pas besoin de t’attaquer à une montagne directement !

Ce n’est peut-être pas « juste » de la timidité, et, en réalité, peu importe le nom que ç’a, c’est quand même hyper relou au quotidien.
Un frein invisible, un poids dans la poitrine, un filtre constant dans ton quotidien… un vrai boulet à la cheville qui te suit même à 30 ans.

Si c’est bien de s’accepter tel que l’on est, je suis assez convaincue qu’il ne faut pas confondre peur et trait de personnalité. Cette anxiété est peut-être tellement installée chez toi que tu la prends pour une extension de toi, mais elle n’a pas à poser indéfiniment ses valises dans ton cerveau (elle ne paie même pas de loyer, une honte finalement…).

À toi de voir si tu as l’énergie pour te battre contre l’anxiété sociale. Mais pour avancer, il faut d’abord reconnaître ce que tu ressens. Vraiment. Et en parler, c’est déjà commencer à le désamorcer. Courage, on est ensemble ✨ 💪


Un commentaire

Répondre à Est-ce que je suis introverti ou juste fatigué par le monde ? – (extra)ordinaire trentenaire Annuler la réponse.