Comment j’ai appris à aimer lire à 30 ans

Bon, ok, soyons honnête toute suite maintenant que tu as atterris ici, je triche un peu. La lecture passion est entrée dans mon quotidien à 25 ans, pas à 30 ans. Dans tous les cas ? C’est quelque chose qui est arrivé relativement tard dans ma vie.

J’ai souvenir d’un nombre incalculable d’anniversaires où l’on m’a offert des livres que je n’ai jamais ouverts (coucou les Harry Potter dont j’avais la collection complète et qui a fini dans une brocante !).

Je me souviens bien avoir accroché à Eragon, Ewilan et Twilight en étant au collège et au lycée, mais c’est tout. Rien en comparaison de mes amis qui enchaînaient les bouquins pendant que découvrais Azeroth et le monde merveilleux d’internet (oups). Je me disais « La lecture, c’est pas pour moi ! » Aaaaah… si la moi ado pouvait savoir à quel point les choses ont changé aujourd’hui !

Déconstruire son rapport aux livres

Mon parcours n’est pas unique et isolé. Je sais à quel point on a été nombreux à construire un rapport aux livres assez catastrophique à cause de notre système scolaire.

Obligation de lecture = Torture

Encore aujourd’hui, je me demande vraiment si le propre du Français n’était pas de nous dégoûter de la lecture en prêtant un génie inventé à des auteurices qui n’ont pas imaginé un quart des analyses de textes qu’on leur a attribuées. Mais c’est un autre sujet.

En attendant, le bilan était là : pendant l’intégralité de mes études, lecture rimait avec ennui, corvée et torture puisque les seuls livres qui atterrissaient entre mes mains étaient des grands classiques à lire pour les cours.

Lire était une tâche, un devoir à faire, comme pouvait l’être un DM de maths ou un exposé de géographie. Tu parles d’un rapport sain…

Liberté = curiosité ?

Arrivée en école d’ingénieur après ma classe prépa (où la lecture obligatoire était toujours présente à un niveau stratosphérique puisque c’était pour ma part couplé à la philosophie…), finis les cours liés de près ou de loin à littérature. Ça signifiait donc que je n’étais enfin plus obligée de lire.

Est-ce que j’ai été curieuse de revenir vers la lecture pour autant ? Absolument pas.
Avec le recul, je me dis parfois que cette période de 2-3 ans a servi de sas de décompression pour que je purge tout ce rapport conflictuel que j’avais avec les livres.

J’ai laissé les grands classiques derrière moi pour essayer de me tourner vers un autre pan de la littérature qu’on ne nous a jamais montré à l’école.

Le mythe de la vraie lecture

La lecture a un côté élitiste qui est très loin d’être agréable, un peu comme s’il y avait des vraies lectures (les classiques littéraires et les grand·e·s auteurices de notre temps) et des fausses lectures (la fantasy ou les best-seller made in TikTok par exemple).

Mon problème ? C’est que, moi, la littérature classique, les polar, les biographies et les essais philosophiques ou sociologiques, je m’en fiche.

Ce qui m’intéresse ? L’évasion, la fantasy, le fantastique, les dystopies, la science-fiction. Finalement, des sujets qui me sortent de la réalité (pour essayer d’y échapper aussi le temps de quelques pages).

Et c’est OK.

Lire, ce n’est pas uniquement lire du Zola ou du Victor Hugo, du Musso ou je ne sais quel prix Nobel de littérature.

Apprendre à aimer lire, c’est donc aussi déconstruire son rapport à la lecture. Prendre conscience qu’il y a des tas de genres littéraires et qu’aucun n’est moins un livre qu’un autre (eh oui, la BD ça compte aussi !).
Réaliser que peu importe ton âge, tu peux aussi te tourner vers des sujets un peu plus « jeunesse » (parce que malheureusement, c’est aujourd’hui encore trop souvent un amalgame quand on regarde du côté des genres que je t’ai cités plus haut).

La lecture qui a tout changé pour moi

Tu le croiras ou non, mais mon amour pour la lecture a été déclenché par une saga.

À 25 ans, des années après avoir ouvert ne serait-ce qu’un seul roman, je tombe sur une story Instagram de l’illustratrice Cy qui mentionne une lecture qui l’a retournée : La Passe Miroir. Les qualificatifs sont forts et nombreux, c’est vraiment un coup de cœur absolu.

Je ne sais pas ce qui s’est passé à ce moment-là, mais j’ai voulu essayer.
Après 5 ans sans toucher un livre et presque 10 ans sans m’être acheté un livre complètement pour moi… je me suis achetée le tome 1 de cette saga signée Christelle Dabos.

Et là… je crois que je n’étais pas prête.

Je lisais dans le métro dès que j’avais un siège de libre.
Je lisais pendant mes pauses déjeuners.
Je remplaçais des sessions de jeux vidéo le soir pour m’enfiler quelques chapitres.
Je me consacrais des sessions d’heures entières pendant mon week-end pour avancer cette histoire que je ne voulais pas lâcher.

C’était presque une métamorphose à ce niveau-là.
Cette boulimie de lecture ? Je ne l’avais jamais expérimentée auparavant… et j’ai adoré ça !

Outre le petit blues bien présent quand j’ai fini la saga (le deuil de ne plus jamais croiser la route de personnages auxquels je m’étais attachée), je n’avais qu’une envie : recommencer.

Ce qui m’a aidée à tomber amoureuse des livres

Après ça, j’ai eu mes périodes où je pouvais lire beaucoup de livres, et d’autres un peu plus calmes. Néanmoins, maintenant, je peux dire que j’aime lire, sincèrement, sans me donner un genre. Et je tiens cette nouvelle passion grâce à quelques petits déclics.

1. Choisir des lectures qui me parlent vraiment et qui me donnent envie de lire

Tu l’as compris, j’ai réalisé que je n’étais pas obligée de lire des classiques ou des genres spécifiques si cela ne me tentait pas.

Au-delà de l’attrait, il a évidemment fallu lire plusieurs livres pour me rendre compte de ce qui me plaisait le plus. Et comme je ne savais pas trop dans quelle direction partir après la Passe-Miroir, je me suis donc mise à suivre quelques créateurices du Booktube francophone (des chaînes Youtube entièrement dédiées aux livres). Ma préférée est indubitablement Alex bouquine en Prada avec qui je ne partage pas nécessairement 100 % des goûts littéraires, mais qui m’a aidée à glisser plusieurs ouvrages dans ma Pile à Lire (parce que oui, j’ai une pile à lire maintenant 💛).

Je rédigerai peut-être à l’avenir un article dédié sur ce que chacune de mes lectures a pu m’apprendre sur mes goûts, je me demande si ça pourrait t’être utile !

Après, ça n’a été que du tester et enchaîner, livre après livre.

2. Me libérer de la pression de « bien lire »

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière de lire. Que je lise une page par jour ou que je dévore un roman en une nuit, l’important pour moi est juste de lire.

3. Intégrer la lecture dans mon quotidien

Le plus dur peut parfois être de créer une nouvelle habitude dans un quotidien déjà bien cadencé. Personnellement, ce sont les transports en commun qui m’ont permis d’inclure au moins une session de lecture par jour.

Ensuite, j’ai essayé de systématiquement lire avant de dormir, plutôt que de passer du temps derrière un écran.

Maintenant, quand je sens dans mes soirées ou dans mes week-ends que j’ai un petit temps où je m’ennuie, je sors mon livre commencé du moment pour lire un chapitre ou deux (ou plus, selon mon envie).

Chacun a son mode de fonctionnement propre, et, quand il s’agit de créer une nouvelle habitude, il n’y a pas vraiment de mode d’emploi universel. Ça va te paraître très bizarre au début, mais, promis, ça va le faire !


Si tu as déjà ressenti que la lecture n’était pas faite pour toi, sache qu’il n’est jamais trop tard pour essayer. Si c’est le format qui te rebute, je sais que des tas de gens ne jurent que par le livre audio, une expérience de lecture assez unique, qui pourrait peut-être te tenter davantage ?

✨ Et toi, je suis curieuse, quelle est ta relation avec la lecture ?

Un commentaire

Laisser un commentaire